L’espoir à cette propriété d’appartenir autant à un devenir possible et donc à l’irréel qu’à la volonté consciente d’un être et donc à la concrétisation éventuelle qui s’en dégage. Pour cela nous dirons que l’espoir est marginalement instable.
L’espoir bascule sans cesse entre les domaines du possible et l’imagination. Épris de cette dualité étrange il forme une sorte de ciment moral qui peut raccommoder les fêlures de la vie tout en continuant à nous entraîner lentement mais sûrement vers le fond.
On peut dire que l’espoir à donc un poids et un coût.
Un poids parce que sans lui le tissu social s’autodétruirais instantanément; l’individu sans espoir, perdu dans l’(im)monde ne tient que du désespoir et par conséquence en devient autodestructeur.
Un coût parce qu’il entretient l’illusion et le mensonge. L’espoir en devient meurtrier; une drogue douce et insidieuse à forte dépendance.
L’espoir est donc à la base de la tendre indifférence du monde, il l’entretient tout en la contenant, le reste n’étant qu’une dynamique entre ces deux facteurs. Il oscille toujours entre ces deux mondes, l’irréel et le réel, y créant cette frontière perméable. Il est toujours là, propre à l’humanité, toujours marginalement instable.
– juillet 2005