Archive de novembre, 2006

Parler d’elles

Lundi, 27 novembre 2006

Je suis un idiot. Heureusement je ne suis pas seul.

Quatre heure et demie de conversation il y a de quoi figurer un tas de sujets. Vers 5h35 nous évoquions le fait que Hugh Grant (et sa version francophone Edouard Baer) était sans doutes les acteurs qui nous séduisait le plus. Et sans doute pour ce petit coté négligé (vous savez la façons dont hugh à de ne pas être coiffé, avec la chemise légèrement froissée et pas entièrement boutonnée). Par contre nous avions un désaccord au sujet de Orlando Bloom. Sébastien lui trouvait un menton trop carré, sans compter qu’il n’a pas de charme. Sans le nier, j’avançai néanmoins que l’image angrogyne, voire en fait féminine, des elfes (vous savez les long cheveux blond, la douceur et la grâce tout ça) me troublais. Mais cela évidemment c’était mon point de vue d’homme et pas celui, hypothétique, d’une femme jugeant la situation.

Parce qu’en fait, bien que l’extrait précédant pourrait le laisser croire, il n’a été question pratiquement que de filles dans ces heures passées. De filles lointaines, passées ou à venir, d’hypothétiques. Les filles c’est à la fois l’espoir et le tourment, car si ce n’est pas le seul objet de préoccupation d’une vie, c’est sans doute le plus important (la nature est ainsi faite, encore une gonzesse, la salope). Il y a des projets et des rires, parfois parce que c’est mieux de rire que de pleurer. Et puis une certaine angoisse quand même, à partager, à aplanir. Il y a ces filles, absentes de nos vies, mais qui obsèdent nos pensées sans pouvoir les en sortir. Et puis il y a être ensemble pour en parler.

Six heure et demie, raccrocher le téléphone. Une douleur à l’oreille, mais un sourire aux lèvres.

Manque d’elles

Mercredi, 22 novembre 2006

C’en serait presque drôle si ce n’était pas aussi désolant, mais les seules filles que j’ai l’occasion de voire régulièrement c’est les caissière du supermarché.

Elles ne sont pas dans mon quotidien, brillante par leur absence. Mes activités sont dans des milieux majoritairement, voire souvent exclusivement, masculin. Pourtant elle sont au moins cinquante pour cent des gens. Même dans les médias que je consulte, elles ne sont pas représenté, une sorte de trou noir. C’est comme si je passait à cotés de la moitié du monde.

Et j’ai l’impression que c’est un équilibre important qui est rompus dans ma vie. Une absence, qui me marque peut-être plus que tout autres, car elle ne laisse aucune place à l’espoir.

Mais je ne dois pas oublier, les filles, saimal !.

L’Éthique du choix (premier extrait)

Jeudi, 16 novembre 2006

Je n’aime pas les choix, où plutôt je n’aime pas choisir. Se couper d’une possibilité c’est refermer une porte, oublier une possibilité en coupant une branche de l’arbre des possibles. Choisir c’est restreindre sa vie aux conséquences de nos actes et oublier ce qui aurait pus être.

Pourtant comme me le faisait remarquer Sébastien, c’est une façons unique de se concentrer sur une chose pour la vivre pleinement. Choisir c’est restreindre sa vie au réel.

J’ai dus mal à accepter que je ne suis ni omniscient, ni doué d’ubiquité. Je ne puis tout être et tout faire, si mon esprit est libre et l’imagination peut tout créer, le monde réel à cette contingence qui me poursuit.

Alors quitte à choisir, autant tenter la découverte !

Ménagerie

Samedi, 11 novembre 2006
menagerie animale en peluche

Starring: Tux, Teddy, Pingu, Grand’Pa, Dudule, Schnappy, Pincette, Hyppo, Coin², Grand’Ma.

Avant l’aube, où sont les larmes ?

Jeudi, 9 novembre 2006

Je ne comprend plus. Ou plutôt je n’ai jamais vraiment compris, mais je n’arrive plus à l’accepter. Comment tous ces gens font-ils, comment le monde entier fait-il pour continuer à tourner. Certes je peut comprendre qu’il existe des exceptions, des gens heureux et d’autres qui se mentent plus que le commun. Mais ceux-la suffisent-ils à maintenir cette machine sociale en place ? Si tout le monde ressent cette horreur de l’(im)monde, si tout un chacun est réellement affecté de la tendre indifférence du monde, de la vanité de nos peines et de l’horreur qu’est nos vies, car nos vies sont horreurs; nous naissons dans la douleurs, vivons envers elle et mourrons comme des chiens, bouffés par les vers. Si cela s’applique à tous donc, pourquoi est-ce que tout le monde continue ? Par simple inertie ?

Cette chienne de vie n’est qu’une bâtarde et de mémoire incertaine je citerais Céline qui éructait de sa prose puante il faut baiser cette salope autant que possible avant d’en crever. Certaines peluches roses auraient appelées ça Carpe Diem, mais c’est le « ça déprime » de l’horreur.

Et moi je suis là, au milieu. Je regarde les quelques gouttes de pluies sur ma vitre et dehors les lumières pales des lampes au sodium. Bientôt elles s’éteindront parce qu’on à pas besoin d’éclairage quand l’étoile se lève, dans la brulante obscurité. Sècheresse de l’âme et sècheresse d’espoir, je rumine d’incompréhension. Qu’est-ce qui me rend différent ? Pourquoi suis-je tant accablé, blessé, brulé par le simple quotidien ? Quelle fatalité m’est donc échue pour que je ne puisse vivre en faisant semblant, comme tout autre ? Des torrents de détresses m’agressent, des flots d’humeurs m’étreignent et je sent monter en moi des choses sans nom, que ferais-je contre elles ?

J’ai froid, je grelote. Je ne sais même plus si je me tourmente ou si j’expie, sans doute un peu des deux. Puis je reste lettre morte, des mots lancés d’une agonie qui n’atteindront aucun but puisqu’ils n’en ont pas. Je suis un blasé de l’espoir sans avenir et sans projet, trouve lui un titre maintenant à cette vie, hé ducon … je ricane contre moi même, l’ironie c’est tout ce qu’il reste. Je repense à cet auto-portrait, il y 6 ans et rien n’a changé, seulement la liste des désillusions qui s’est épaissie. Je m’apitoie, c’est vrai, et sur la place publique encore. C’est seulement qu’il n’y a personne à qui parler, personne qui puisse comprendre, seulement des mots d’éther qu’on peut jeter et puis rester seul.

Je regardais le mythique Apocalypse Now de Coppola et je me disais, qu’au fond, malgré tout ma répugnance pour l’autoritarisme, l’armée et l’horreur que la guerre représente en général, je crois que j’aurais aimé y être, là-bas, à crever dans la jungle du Viêt Nam. Évidemment, en ce qui concerne l’horreur, n’importe quelle tranchée, de n’importe quel conflit pourrait faire l’affaire. Mais celui-ci est particulier en ce sens que l’image dont nous avons aujourd’hui est matinée d’une douce folie inculquée par le miroir déformant de ce qu’on nous en a présenté.

Si on y réfléchit, il existe un parallèle très intéressant entre la vie et la guerre, l’horreur exactement. À ceci près que la guerre à ces avantages que premièrement on a pas vraiment besoin de réfléchir, on suit les ordres et deuxièmement on a un vrai objectif, trouer le gars en face avant que ce soit lui qui répandent vos tripes. L’ennemi est identifié, le combat aussi et peut-importe que ce soit pour de bonnes ou mauvaises raisons, pas le temps pour ça quand le prochain obu est peut-être pour vous, le Caligula moderne en somme.

Pour tout ça, je me dis qu’il aurait sans doute été plus facile d’aller mourir la-bas, que de vivre ici.