l’horreur de la nécessité de la compassion sincère
Jeudi, 15 février 2007N’hésitez pas: promettez d’être vrai et mentez le mieux possible. Vous répondrez à leurs désirs profonds et leurs prouverez doublement votre affection
- Camus, la Chute
C’est typique du génie, saisissant d’une vérité fondamentale, mais impraticable. Encore une dualité qui m’étrangle.
La nécessité du mensonge se vérifie pourtant chaque jour. Pour vivre dans l’(im)monde et survivre à la tendre indifférence du monde, ils nous faut mentir. À soi même d’abord (voire l’Iréel et le Sur-réel quand j’aurais enfin publié la M.C.E.D.), mais aussi à son noyau social. Pour ne pas abimer ces fils qui nous relient simplement. Parce que la sincérité n’amène pas l’enrichissement, or c’est la condition de l’entretient de l’interface humaine.
Il faut mentir pour aimer, parce que c’est plus sage.
Reste cette petite chose dérangeante dans la tête, qui crie que la sincérité reste pourtant consubstantiel à l’amour. Qu’à l’instar de l’amour justement, c’est un besoin fondamental. Un profond malaise, puisqu’il n’est plus de larmes, qui réclame la sincérité, qui réclame la compassion.
Lundi j’ai eu l’occasion d’assister à la conférence de Hubert Reeves au Grandes Conférences Liègeoise. Ce grand orateur parlait de son envie de sauver notre planète et par la même, notre humanité malgré toutes les horreurs dont l’humain a été capable. Il nous faisait remarquer, qu’au delà de l’art et des sciences, l’intelligence humaine à développer une chose absente de la nature qui n’obéit qu’à une logique de sélection génétique : la compassion. Cette compassion qui ne nous survivrais malheureusement pas et dont nous somme épris.
Obtenir une compassion sincère c’est un besoin inhérent à l’être humain.
Si la vie m’a mis là, c’est qu’elle doit avoir ma peau !
Et donc né l’horreur. Ce sentiment d’emprisonnement entre le vrai et le mensonge qui me lie. Ainsi débarque l’horreur de la nécessité de la compassion sincère.