Archive de juin, 2007

Lundi pas de tout repos

Mardi, 26 juin 2007

Il y a des jours comme ça, ou tout se met en travers de votre route, ou Murphy s’allie avec le reste du monde, uniquement pour vous contrarier. Je voudrais croire que je suis au dessus de ça, que je peux simplement en rire, mais non, bien au contraire, je suis bien trop fragile et ces contrariétés, même les plus petites, à travers leurs accumulations, me blesse.

Pour tout dire ça me met même en rage, j’ai envie d’hurler, de crier au monde que je le déteste et que je n’ai pas besoin de lui. Ça me blesse et me désespère, bouillon d’émotions qui m’agresse. À l’injustice flagrante de la situation, je ne vois malheureusement qu’une réponse, l’hystérie mélancolique.

Alors comme aujourd’hui tout les feux sont rouges (et qu’il pleut), tant pis, je traverse quand même. Je vais quand même pas me laisser emmerder par le destin, plutôt crever. Bon évidemment c’est lui le plus fort et il est assez subtil pour vous le rappeler gentillement, avec beaucoup d’ironie. J’aime l’humour du destin, par exemple quand il vous enferme dans un ascenseur de 1962 à une heure du matin, coincé entre deux étages et sans lumière.

Heureusement que les enculés n’ont pas encore privatisé les pompiers tient !

Ça ira mieux demain, du moins je l’espère,
parce que c’est déjà ce que je me suis dit hier.
- Bénabar

vendredi repos, samedi et dimanche.

Lundi, 25 juin 2007

Un anniversaire c’est une bonne occasion de faire le point sur l’année écoulée, de regarder en arrière de faire les premiers bilans et d’en tirer des enseignements. Des perspectives, ça donne le vertige. Le monde tourne, avec ou sans nous, et à relire le premier post de ce carnet, je n’aurais jamais pus imaginer ou j’en suis actuellement. Un an déjà, sobrement, quarante-quatre écrits (moins d’un par semaine), comme quoi je n’ai pas vraiment autant de temps perdu que je le voudrais. La vie est une fuite en avant, on a pas le temps ni de se retourner, ni de regretter. Quand prévoir est déjà difficile, établir des plans relève de l’exploit.

Tout d’abord le vendredi, du repos

Comme tous les jours depuis trois semaines j’étais en cours à ma formation. Dernier cour d’algo, dernier cours de SQL. Les choses sérieuses vont enfin commencer et ce n’est pas pour me déplaire. Le rythme est bon, l’ambiance aussi. Pas de nouvelles de mon contact à Bruxelles, reste bien des espoirs et des attentes. L’avenir est incertain, mais l’opportunité existe, reste à la saisir.

Le plus dur finalement c’est de se refaire à un rythme de vie régulier, se lever tous les jours à 7h et ne rentrer que le soir. Heureusement c’est l’été, on à du soleil, mais il faudra aussi assumer en décembre. Le résultat c’est que je suis tout le temps fatigué, le soir en rentrant je n’ai plus le courage de me lancer dans beaucoup de projets, même si les idées ne manquent pas. Alors je fais au mieux, même si ça me désolé d’avoir l’impression de bricoler.

Puis je parle avec Stéphane. Il ne sais pas encore combien, au fond, c’est un détail tous nos échecs, que la vie est bien ailleurs. Et que tout reste à conquérir. J’en profite finalement pour terminer de taper la Mécanique continue des éléments discrets, vous la trouverez dés à présent dans la section textes. Encore du bricolage finalement, mais au moins c’est terminé, je peux passer à autre chose.

Alors samedi vint

Le hasard règne en maître, c’est entendus. Mais mon réveil qui sonne à 7h même le samedi, ça n’a rien d’un hasard. Le petit déjeuner place St-Étienne est bienvenu, les rues nous appellent … Aucune photo glorieuse pendant ce marathon, mais quelques fous rire et de chouettes promenades, les coteaux, la citadelle, le Peri, Favechamp, le Peron, la Boverie, Outremeuse au fil de l’eau, des couleurs et de la musique. Bien des kilomètres au final et l’eau du ciel intermittente. D’ailleurs Murphy n’avait sans doute personne d’autre à embêter ce jour là … il suffisait que je mette mon k-way pour que la pluie s’arrête, ou que je le range pour qu’elle recommence soudainement. Enfin au final j’ai réussis à m’enrhumer et attraper une insolation en même temps … Le pire c’est qu’on a même pas eu le prix de la photo du plus mauvais goût, pourtant on avais fais des efforts …

Finalement, attablé autour d’un verre au Perron, l’improvisation reprend le dessus et on rentre à Herstal pour quelques parties de Wii (cette foutue console est quand même trop sympa) et Munchkin. La mauvaise fois aidant, on a évidemment on a finis qu’à 4h du matin en se disputant, ça fais du bien …

De retour chez moi, un verre de porto à la main, on refait le monde avec Sébastien jusqu’au petit matin. Il joue les durs mais je vois son trouble, la vie est compliquée, d’autant quand on est sois-même pas simple. Au final il s’en sortira très bien, et c’est ça le pire.

Et dimanche pour commencer …

Le dimanche il fait beau, le dimanche je vais me cacher de l’après-midi trop chaude dans une vielle salle de classe avec quelques autres fous. Ensembles on y dialogue avec les morts, transforme les porte de bois en acier et on se prend des grands coups d’épée de la part de templier obtus. Seulement ma deuxième visite mais j’y retournerais, peut-être même en y amenant quelques connaissances. S’enfuir encore mais plus cadré, pas seul et régulièrement, depuis le temps que je voulais.

Le dimanche je range un peu, je reçoit demain il parait. Dimanche je me dis que je n’ai rien pus faire de ce week-end, et pourtant je n’ai pas arrêté. Et la semaine qui vient s’annonce au moins aussi remplie.

Dimanche je ne réfléchis plus, je tente de donner la direction que je veux à ma vie, avec plus ou moins (souvent moins) de succès. Je ne réfléchis plus à ce que demain sera, j’attends de le vivre plus simplement. Il me manquera toujours quelque chose. Une chose simple, mais si compliquée à obtenir, une chose qui vas conditionner l’ensemble.

Ma vie, il lui reste un titre à trouver et en attendant je la vis.

Republications

Lundi, 18 juin 2007

Certains des plus observateurs d’entre vous auront remarqué l’apparition dans le menu de navigation d’une section Textes. Jusqu’ici l’accès en était restreint, mais vous pouvez dés à présent la consulter.

Elle contient, en prélude à la Mécaniques continue des éléments discrets une re-publication de mes textes précédemment publié sur Mouton-Rebelle durant les années 2003 et 2004. Ceux-ci évoquerons peut-être des souvenirs, ou vous seront-ils inédits, mais il permettrons de restituer le contexte de départ pour la suite.

Bonne (re)lecture (ou pas).

moments d’espéces (extraits)

Lundi, 11 juin 2007

Le train venais à peine de quitter le quai que tout le wagon l’avait déjà repéré. Le petit vieux était sur la banquette juste derrière moi et il parlait très fort. Je vis la tête du jeunot assis en face se changer en une moue désapprobatrice, l’air de dire, « ho non ce vieux schnok bourré vas encore faire chier tous le voyage ». D’ailleurs au bout d’une dizaine de minutes il rangea ses feuilles d’anatomie dans son sac, abandonnant l’idée d’étudier dans le train, ou tout du moins à portée auditive de la voix rauque.

Elle avait vécu cette voix la, ça se sentait directement. À son timbre un rien éraillé et puis à la lenteur qu’elle avait à lancer ses graves consonances. Sans compter ces inflexions ou le patois se mêlait au français, le Wallon est une langue morte tellement vivante … Mon bouquin ne me passionnait pas et la voix, bien que abîmée, était belle, alors j’écoutai.

Au premier abord, le fond n’avait pas l’air glorieux. Engagé avec un homologue dans une discussion empreinte d’un poujadisme primaire, la voix derrière moi faisait l’apologie du « tous les mêmes, une fois élus oublié les gens ». Sur le coup je me suis dis que ces petits vieux bornés c’était vraiment une plaie, le genre à déclarer que bleu ou rouge c’est tous pareil, mais on vote quand même à droite hein, faut pas déconner. Puis je me suis rendus compte, au fond il avait raison, ou en tout cas, j’étais d’accord avec lui. Après tout, pas plus tard que le matin même, j’avais opéré un vote nul sur la liste du Sénat, refusant d’apporter ma voix à aucun des candidats, puisque aucun d’entre eux ne représentait la mienne. C’était un peu facile pour moi de traiter si durement ceux qui tenait discours de mes propres actes, culpabilité 1, Édouard 0. Et puis il parlais de ces foutus syndicalistes qui à force d’avoir tout donné aux ouvriers les menaient par le bout du nez et traitaient les clients dans le service public avec une telle désinvolture. Encore une fois je devais lui accorder un certains crédits.

Mais l’ancien aimait visiblement parler, peut-être simplement parce qu’il n’avais pas souvent d’interlocuteur … ou mieux encore, pas souvent de public ! L’idée qu’il faisait exprès de pratiquement crier, histoire de faire chier tous ces jeunots qui n’y connaissaient rien me faisait rire. Après tout c’était un vendredi habituel, remplis de ces étudiants habituels, fades, ternes, bouffi d’orgueil ou de prétentions, enfin des gens normaux quoi. Que ce soit volontaire ou non en tout cas, l’objectif était remplis et cela me faisait grandement sourire.

Visiblement il avait tiré des leçons de sa vie et en était arrivé à quelques conclusions. Une des plus intelligentes (et fondamentale quelque part) était que dans ce monde de fou, il fallait savoir s’adapter. Il en était venus là parlant de sa petite-nièce qui apparemment avait fait pas mal de petits boulots assortie de période de chômage, un parcours relativement classique pour un jeune d’aujourd’hui, mais sans doute pas pour quelqu’un de sa génération. Aujourd’hui elle maîtrisais les lois sociales sur le bout des doigts et c’était en s’adaptant le mieux qu’on s’en sortait.

Sans compter que lui même se défendait pas mal de ce côtés la ! Il entama un récit, quelques peu résumé j’ose l’imaginer, de son parcours qui ne pus que me clouer le bec. Sortis avec un A3 de fleuriste, il exerça quelques temps puis avait été dans l’armée, les paras, puis entraîneur à l’école des officiers. Sans compter les vente d’assurance, le passage à l’usine, garçon à la tire, sommelier, puis à la fonderie de Cockerill. Et finalement, peintre en bâtiments, enfin en « peinture industrielle » expliquait-il avec un brin de malice dans la voix, vus que l’accès à la profession était réglementée. Aujourd’hui pensionné, il s’en sortait pas mal vus qu’il touchait une pension de l’armée vus sa blessure reçue en Afrique … Puis apparemment il avait fait une plus value de 600% sur un terrain acheté dans les années 60 à Ténériff … Le plus drôle fut quand il commença à parler de ses amours et de ceux de son interlocuteurs. Si j’ai bien compris il revenaient d’un club de rencontre pour vieux …

Je ne savais pas si la moitié de ce que ce type racontait était vrai. Mais la conviction dans sa grosse voix rauque me donnait vraiment envie d’y croire. Et l’humanité qu’il y plaçait était si concrète, ça c’était une vie bien remplie. Le train finis par arriver à liège, alors qu’ils descendaient au Guillemins, je me tortillais sur mon siège pour apercevoir mon orateur. Il portait une belle moustache et une impressionnante pipe en bois. On aurais dis une incarnation de l’oncle Paul, venant raconter ses belles histoires. J’aurais pus lui souhaiter un tas de bonne choses, mais je sais que ce gars là, malgré l’âge arrivera à s’en sortir d’une façons ou d’une autre …

Rencontre anecdotique, peut-être, mais instructive certainement. Un de ces êtres qui vous force le destin autour d’eux, que ce soit par le réel ou l’imaginaire.

Et sinon à part ça, quand je suis finalement rentré après que la SNCB m’aie fait raté ma correspondance puis patienté 30 minutes à Namur, la foudre avait détruit tout les équipements réseau de la maison et mon frigo avait eu largement le temps de dégeler depuis vendredi.