Des mots dans le vide, ami, pour expier ces larmes. On sais tous les deux pourquoi tu dis ça, c’est cette humanité qui frappe à l’intérieur. Cette absence qui « creuse au buldozer des tranchées atroces, [...] d’un bout à l’autre de ton territoire intérieur ». Ça ne finira jamais de nous atteindre, parce que c’est ainsi l’intérieur des garçons.
On court les uns après les autres, on se déteste, on se déchire, on se détruit, on se désire …
Ce n’est péché, c’est vivre. L’envie, les illusions sont le fondement même de notre univers. « Il n’y a qu’un seul monde et il est faux, cruel contradictoire. Nous avons besoin de mensonges pour conquérir cette réalité ». C’est la nécessité de notre vie, le moteur de notre action.
Oui, c’est ce qui nous rend invincible, nous permet de voler et de faire naitre de nouvelles étoiles.
Ces regards, ces tendresses, cette chaleur, ils me manquent tout autant. C’est universel. Et j’ai bien peur qu’ils manqueront toujours dans la mesure ou il restent des absolus. Et au delà, ce ne sont pas des choses dues, mais des complicités à conquérir, à leur arracher par la force. Parce que finalement, elles sont encore plus égarées.
Pauvre créature perdue de solitude. Je ne te dirais pas de ne plus craindre l’obscurité, mais de lutter pour que resplendisse ta lumière.