Le gaz s’échappant du briquet fais pschouit en enflammant la mèche. La danseuse s’élève, révèle les formes, créateur d’ombres. On dirais la même scène répétée, encore et encore. Pourtant tout est différent. La même liste, Nuit, Veiller tard, Serre-moi, Tu manque. Pourtant je suis différent.
C’est étrange, cette sensation, d’être prisonnier de soi-même. Ça n’a rien d’amusant, mais mon cynisme ne peut s’en empêcher d’esquisser un sourire acide. Après tout c’est aussi ma faute, parce que c’est toujours plus facile d’assumer son rôle. Mais c’est terrible aussi de se voire contraindre tant par soi-même que par les siens à n’être que la marionnette de son propre personnage.
Est-ce si puéril que ça en à l’air, cette sensation que personne ne vous comprend, que personne ne sait vraiment qui vous êtes ? D’ailleurs qu’est-ce que je crois en savoir ? Est-ce que je suis ce que je ressent ou ce que je montre ? Est-ce que qui que ce soit pourrais un jour me comprendre de toute façons ? Ce qui est sûr … c’est qu’il n’y a pas de mode d’emploi.
Personne ne me comprend, je ne comprend plus personne. J’avance, réalisant une chose après l’autre, réalisant, réalisant, parce qu’il en restera quelque chose, parce que c’est le plan. J’avance, mais je ne sais plus pourquoi. Je ne sais plus si j’ai su pourquoi. « Il faut rester dans la lumière ».
Ça parait tellement évident … pourquoi je n’arrive pas simplement à le ressentir un tout petit peu. Juste un bout, pour m’en rappeler, pour le garder précieusement. Je voudrais juste en conserver le gout, même amer. Tout ces échafaudages, est-ce en vain … qui répondra … j’ai le sentiment que l’écho de mes mots se perd dans le vide. Trop loin de l’image qu’on m’a fabriquée. Trop loin de qui que je sois … c’est pour ça sans doute … tout ça … c’est pas pour moi …