TomTom se trompe et m’envoie à travers champs. La vallée déploie ses trésors de cuivre et d’or. Le Condroz est sublime dans son manteau de brume. L’impatience d’arriver ne rompt pour autant le charme des ces averses de feuilles. L’automne me surprend au Samain. J’ai envie de m’arrêter, juste pour contempler. Mais l’âtre chaud m’attend et l’envie de rejoindre ceux qui l’entoure est la plus forte.
- À dans deux semaines
- Non, à la semaine prochaine
Je m’arrête quelques secondes intrigué.
- C’est vrai, on est lundi.
- Non, on est mardi
Hervé à raison. Vendredi c’était hier pourtant. Tout se mélange, les impressions fugaces, les souvenirs d’émotion et les rires partagés.
Les phares de la berline se reflète sur le mur blanchâtre de la brume. L’obscurité inquiétante se dévoile le long de la ligne blanche.
Tout me fait mal, la lumière, la fatigue, la crève et la gueule de bois. Mais quitte à mourir de quelque chose, autant que ça soit d’avoir exagéré.
Je traine ma carcasse jusque chez moi, jusque l’année prochaine.
Pour les Trõll aussi, le blues est blanc.