1 – Les mouches vont-elles au paradis ?

Publié originellement le 9 septembre 2003 sur mouton.rebelle.

La fin des vacances approche, et si l’astre éclate toujours derrière la vitre usée par trop de saisons, les autres signes se font de plus en plus pressant, comme si la verte dame avait décidé qu’on en avait assez eu. Il fait froid maintenant, le mistral a cédé à l’ouest les vents frais qui font voleter les premières feuilles, comme autant de pétales, s’écrasant comme un regret sur le bitume ou sur la dure. Les araignées rentre dans les maisons, les mouches se font moins nombreuses. La fin de l’été est la, et l’automne qui s’annonce promet d’être sec et froid. L’automne ma saison préférée, celle ou la vie s’éteint, ou toutes choses meurent, l’automne ou les arbres se couvrent d’or et cuivre, si beau, avant que le souffle glacé de la mort, la dure éternité de l’hiver ne les envahissent.

C’est la fin de l’inactivité, car si pour beaucoup septembre marque la reprise après deux mois, ou devrais-je dire deux semaines pour mes ainés, il n’en revient pas moins que cela fais deux ans que je glande. Deux longues années passées a se questionner, à chercher des réponses, à attendre des réponses, deux années perdues en somme. Mais c’est la fin de cet état, la fin de l’attente, la fin du monde, de mon monde, ce fragile équilibre, patiemment construit pour mieux me protéger le l’ineptie du monde. Car maintenant je n’ai plus le choix, ou plutôt je dois choisir, l’attentisme en est arrivé a sa fin, ainsi en on décidé mes parents, ma famille, mes amis, ainsi en décide le (im)monde. Et ma raison approuve, crie a la victoire pendant que mon coeur pleure de n’être confronté au choix que trop rapidement.

Demain tout sera finis, demain je retourne m’inscrire à l’université de liège. Demain il faudra choisir entre Ingénieur civil ou Licence en informatique, un choix structurel qui n’en reste pas moins le symbole de tout un choix de vivre. Car à partir de demain il sera inutile d’espérer continuer dans cet état d’esprit, à partir de demain, ça sera la réussite ou l’échec, pas de troisième chance … Demain ça sera la fin, ça sera ma fin.

Car le choix je le rappelle n’est pour moi qu’une illusion, une vision tronquée, coupée d’une réalité bien concrète, coupée des émotions et de mon humanité. Devenir ingénieur ou analyste programmeur, est-ce un choix, n’est-ce pas plutôt une contrainte, devoir vivre dans cette société, s’y insérer, avoir une femme, une maison, des enfants, un chiens et sortir le tout le dimanche. Oui c’est peut-être un peux ce que je désire, et alors ? Ou est la liberté, dans le conformisme ? Je me répète, mais ce n’est pas un choix.

Que faire quand on ne sais pas comment vivre, que faire quand on ne VEUT pas vivre … et que l’on ne peut pas mourir non plus … Oui mon coeur pleure et mes yeux pleurent par dessus, car demain je vais mourir un peux.

Et alors que la tapette résonne une dernière fois, alors que l’avatar noir s’écrase pour quitter ce monde lui aussi, je ne puis me poser qu’une seule question, « les mouches vont-elles au paradis ? » et si c’est le cas, « suis-je maudit ? » …