2b – La chair des anges déchus
Publié originellement le 9 décembre 2003 sur mouton.rebelle.
mon sommeil s’agite, s’effrite
et je renais, inquiet que le monde existe
ces mots d’Amour qui me manque (…)
Hier déjà, ces souvenirs à jamais,
nous, le sol, être sans volonté,
exister seulement, une utopie concrète,
coexistence indiscrète, pour toujours …
… et à jamais.
Dormir, j’en suis incapable,
bouleversé, inquiet, jaloux aussi …
Deux coeurs qui battent a cotés de moi,
deux êtres chers, lumières dans cet univers d’obscurité
et chacun d’eux, de les voir si pareil a moi,
si proche de moi,
m’engage irrémédiablement a les aimer …
Et ils sont là, respirant doucement,
berçant cette journée d’un rythme par trop particulier.
Deux coeurs étrangers, qui se battent aussi,
contre ces aléas de la vie, et moi au milieu,
qui voudrait tellement Aimer un des deux
comme pour condamner l’autre a n’être qu’aimé
transformant l’autre, même pour ces instants,
en ce monstre désincarné, jalousie et haine …
Mais je ne puis détester ainsi ces anges dans ma vie,
alors c’est moi que je hais, quitte à m’oublier,
à m’effacer à leur profit, insoutenable en vérité,
et donc ne plus y paraître, ne plus leur apparaître
pour les protéger …
C’est cela que ma raison désire, au delà des sentiments,
leurs intérêts avant les miens,
car ce sont eux qui font ma vie, et sans eux,
la solitude a nouveau, la mélancolie a nouveau,
et la mort à la fin …
Pourtant, pourtant, pourtant, comme on dis :
« Le coeur a ses raisons que la raison ignore »,
et aussi samsara de me rappeler
« que l’on aime avec ses tripes
et qu’il est foutrement bon de s’exploser les yeux avec des étoiles »
La passion, les sentiments, ils sont la à l’intérieur,
et je voudrais qu’il me guide enfin,
sur ce chemin ou mon âme en peine pourra enfin exister …
C’est bien la mes plus chers désirs,
à l’encontre de la volontés, à l’encontre des intérêts,
paradoxe interne de la condition humaine …
L’esthétique de l’ennui à amené cette situation,
et maintenant je voudrais crier, hurler de rage ou de désespoir
cesser de mentir a la face du monde,
quitte a souffrir, quitte à mourir …
Pourtant je ne crie pas, ou si peux, non j’écris,
romanesque, avec style si tant est que j’en aurais jamais,
ces mots qui me viennent au coeur,
pour ne point les oublier
pour arriver a les formuler surtout,
des mots, de l’encre et du papier,
un coeur qui s’étale, dans cette disparité malheureuse,
comblant le courage qui me manque,
comblant cet espoir que j’échange …
Puis au delà des mots, de la regarder ainsi, si belle au présent
je me dis que la vraie question, celle qui décidera de tout,
c’est « m’Aime-t-elle aussi ? » …
[Edouard Geuten - GRIm@, L'Apprenti Sorcier]
( 2 Décembre 2003 – 11h00/11h30 )