Être deux : Antinomie sémantique
Juste un court développement d’une petite idée qui, pour l’anecdote, m’est venue dans mon bain (réfléchir dans son bain, ça ressemble à de l’optimisation un peu trop poussée du temps, « La Lenteur » (au sens de M. Kundera dans le roman éponyme, par opposition à la vitesse synonyme d’oubli, la lenteur mets en avant le souvenir et la jouissance du présent) a du bon, mais l’erreur est humaine).
« Être deux », deux mots simple que je qualifierais d’expression, pourtant deux mot qui s’opposent quand on y réfléchit. L’idée de départ était une rime, « Être deux, être heureux » qui outre son aspect naïvement kitsch sonne en fait assez faussement. Bien entendu au delà de la simple présence physique de deux individus (pas forcément nus, bande d’obsédés), c’est à une relation sentimentale que l’expression fait référence (précisons le pour les plus obtus quand même, et il y en a). Qui dit relation sentimentale dit évidemment ce qui avec, deux êtres qui s’aime, les p’tis bisous et les bébés en options … Le mot deux semble donc tout à fait or de cause de cette répulsion, « l’amour à deux c’est tellement mieux » (© myself), nous verrons plus tard qu’en fait ce n’est pas le cas mais passons. Le être serait donc en cause, mais qu’est-ce que être ? (car c’est la un drôle de verbe, bien plus complexe que avoir, mais tellement mieux). « Je pense donc je suis » disait Descartes, être serait-ce donc penser ? En partie oui, mais je crois qu’être pour un humain c’est plus que ça. Notre espèce s’intitule (en langue morte) « homo sapiens sapiens », l’homme pensant qu’il pense, voilà la clé. La conscience de notre pensée, cette conscience (n’est-ce pas henry)(désolé) qui quand elle n’est pas perchée sur notre épaule sous forme d’une cigale, nous dicte que nous sommes. Unique je suis, insécable, irrémédiablement discret, un atome d’individualité. Nous existons seuls, par nous même, sans les autres. Bien sur nous ne pourrions pas vivre sans les autres (sans un père, sans une mère, un(e) amant(e), des relations) mais nous existons sans eux, nous somme chacun tellement indépendant que notre conscience est irrémédiablement condamnée à être un, à être soi, à être seul. Sentez-vous se levez le paradoxe ? Voyez vous donc comme ce mot « deux » n’est pas si innocent que ça, au final, c’est lui (par définition de « être ») qui crée l’aberration. Car si « être » existe seul (tant signifiant que signifié), « deux » lui ne sera jamais un. C’est ainsi que nait cette étrange inimitié, « être deux », qui n’est autre qu’antinomie sémantique.
Oui et ? Et rien. Il n’y a pas de conclusion. J’aurais pus vous dire: « réfléchissez-y la prochaine fois que vous le direz » mais se serait sans sens commun. La langue est notre et les abus de langage ainsi que les formes imagées la rendent vivante. C’était juste là une réflexion en l’air d’où il n’y a rien a retirer sinon peut-être le glas désespoir …