Le Renoncement, la suffisance

Nombreux sont de mes amis, rencontres ou connaissances qui m’ont répétés « d’arrêter de me prendre la tête», de cesser ce doute perpétuel, la remise en question auquel je tend. Leur argument est simple, le bonheur ne s’attend pas (et j’acquiesce), ce n’est que se faire du mal que de continuer a se torturer.

Pourtant je refuse. Peut-être est-ce la une contradiction, ça c’est vrai que l’on ne peut vivre d’une attente (cfr « de la désespérance »), mais je n’arrive pas à accepter simplement ce réel. Déjà parce qu’il est trop imprécis (cfr « L’irréel et le sur-réel ») et plus simplement parce que cela me semblerait trahison.

« Accepter » dans leurs mots sonne comme «renoncer» et je ne puis m’y faire. Accepter comme pour dire qu’il est possible de vivre tel quel, même si on peut espérer mieux, traîtrise ! Non, non, non, non et non, je refuse de vivre comme ça ou alors je refuse de vivre. Je ne puis renoncer même si c’est comme ça que se regèlerait le problème, car renoncer c’est ne plus espérer et forcément c’est être heureux (car qu’on ne reçoive rien et on est pas déçus, qu’on reçoive peu ou beaucoup et le miracle s’accomplit). En ce sens, renoncer revient à accepter que ce qu’on à nous suffit, que nous n’attendons pas plus. Étrange paradoxe car c’est pourtant en jouissant de l’acquis (bien entendu pas (uniquement) matériel) et non de l’espoir que je pourrais trouver le réconfort. Pourtant je nie cette suffisance car je ne veux mentir (cfr « L’irréel et le sur-réel »).

Suffisance, horrible mot, qui rime avec stagnation, réaction et extinction. La suffisance c’est le trop sérieux, c’est la morosité des jours, c’est l’acédie (voire « l’écrasant devoir d’être heureux »). Voilà pourquoi je la refuse et je ne puis accepter ces conseils. Même si on me demande pas d’abandonner mais juste d’être moins concerné, cela revient au même, ces sujets sont importants, les plus importants au fond et je ne puis faire semblant de ne pas être concerné.

toutes ces choses au fond de nous,
qui nous font veiller tard …