L’Irréel et le Sur-réel
« Le monde est faux, cruel et contradictoire,
nous avons besoin de mensonges pour nous l’approprier
- F. Nietschze
Nous nous mentons, tous ! Le réel nous apparaissant dans toute sa tragique horreur, nous devons déformer cette réalité, mentir et oublier pour lui survivre au quotidien. Nous sommes égaux face au réel mais nous n’y réagissons pas de la même façons, nous nous mentons d’autant de façons qu’il y a d’être humain. Ce que j’appelle le mensonge recouvre de vaste domaine, cela vas de la transfiguration de la réalité a sa négation. Le mensonge est donc l’art de définir nos vérités et ainsi il n’y a donc de sens que dans un cadre personnel, individualiste. Même a l’échelle humaine, on remarque que cet art se rapproche d’autre, il supporte le regroupement en classe et en famille. De celle-ci je parlerais de deux, la mélancolie et l’hystérie, peut-être en est-il plus, peut importe, seul ces deux la me touchent.
Dans la mélancolie (nous ne parlons pas ici de la désespérance mais du mensonge mélancolique) l’individu aura un rapport de déformation à la réalité, le mélancolique est profondément attaché à la vérité au point qu’il ne pourra simplement pas nier celle-ci mais seulement l’adapter pour la rendre plus supportable, l’amplifier, d’où cette tendance a la dramatisation. Car le mélancolique vit dans un drame permanent, une pièce de théâtre de la vie ou il occupe le rôle principal mais ou, aussi, les autres acteurs ont oubliés leurs textes et improvisent. D’où l’horreur grotesque et vulgaire de la représentation. Le mélancolique vit dans le sur-réel, il amplifie ou édulcore comme un impressionniste, pour rendre la vérité plus supportable. Je me réclame de ce groupe, malade de la vérité, exprimant comme je peu cette douleur, l’oppression du réel.
A l’opposé on peut parler de la classe de l’hystérique. Ceux-ci assument et vivent le mensonge, au point parfois de nier la réalité. L’hystérique refusera l’horreur, rejettera la vérité quand celle-ci l’oppresse. Ces individus vivent un rêve continu, ponctué de réalité discrète, il refuse l’horreur et donc l’horreur n’existe pas pour eux. Ils vivent leurs rêves, qui deviennent aussi réel que l’univers et dans ces mondes merveilleux il jouissent de leurs irréalités. L’hystérique en ce sens est prisonnier du mensonge, sa réalité, ses désirs, ses bonheurs et ses peines lui sont subordonnés.
Ne voyez point-ici de jugement, pas d’accusation, je ne désire point expliquer que l’un ou l’autre de ces façons d’appréhender le réel fut meilleure, ou bonne ou mauvaise … Non je n’ai de but ici que de vous décrire ce mécanisme étrange ou s’inscrivent tant d’élément discret, cette manière de penser l’irréel et le sur-réel, nos vérités a tous.