5 – E411
Publié originellement le 9 mars 2004 sur mouton.rebelle.
Un printemps qui vient,
s’étale, opère, impose,
meurt, meurt, meurt en moi
à s’effacer des mes yeux
et ne jamais réapparaître.
La nuit recouvre, impose sa loi, son faux silence. La nuit s’infiltre et dépose ces être en moi qui me pousse à partir, s’élancer sans prendre son souffle, s’engouffrer dans ce manteau noir d’obscurité. Et je part ainsi vêtu de rien sinon mon propre corps, de toutes façons on est toujours nus la-bas, ou règne les ombres.
C’est comme un appel, un chant de sirène qui vous attire, irrémédiable, fatidique, sans échappatoire. Un ronflement lointain et des lueurs, vous devez savoir. L’obscurité vous entoure peut a peu, mais il y a ces réverbères, les lampes au sodium qui vous rassure, qui éclaire le chemin comme une évidente voie tracée. Vos pas s’enchaînent, infernaux, ils vous emmènent, élaguant les distances, recréant derrière vous ce vide, comme un espace qu’on quitte. La route est pleine de petit caillou, irrégularité sur cette disparité humaine, ça craque sous les chaussures, ça craque dans vos têtes et on se sent libre comme l’air. On progresse, on s’enfonce, au rythme du nivellement, on avance, traversant les intersections, franchissant les obstacles, abandonnant à d’autre cette demi nuit faites de d’obscurité éclairée, laissant cette demi-vie pleine d’oublis. Et a la croisée on la rencontres, la vraie, l’obscurité noire qu’on ne voit jamais, elle est la partout, rampante, se cache derrière chaque arbre qui borde le chemin. L’inquiétude s’installe en vous, toutes ces petites choses qui sont belle sous la lumières vous semblent maintenant baigné dans l’horreur complète, et alors que vous vous enfoncez dans la campagne, loin de toutes ces lumières, poursuivant ce cris lointain, chaque replis de terrain et chaque branche semble prêt a vous accueillir dans son repos éternel. La peur se lève, elle vient en vous, vous prend au coeur, vous ressentez cet étourdissement, vous sentez ce malaise grimper. Angoissé vous écoutez de toutes vos forces alors que sous vos pas la route crisse encore. Seul votre respiration transperce la nuit, pourtant a caque pas supplémentaire il vous semble que tant d’autre bruit déchire cette obscurité. Vous vous enfoncez encore, progressant, précipitant votre propre fin, car vous savez que c’est sans issue, il faut être traqué ou être le prédateur, alors qu’elle vienne la mort, je lui cracherais à la gueule, vous l’attendez, votre peur vous fait rire, vous vous en nourrissez, elle est puissante, forte et grande, grâce à elle vous avancez encore. Qu’elle viennent la faucheuse et c’est moi qui lui ferait la peaux pour une fois, qu’il viennent ces monstres étranges qui peuplent mes cauchemars, ces êtres sans nom, je les crèverais tous un par un de mes propres mains. Je n’ai rien à perdre, qu’il viennent et nous sauront qui était le meilleur. Ha je me ris de ma peur, je la transcende, car je suis plus puissant qu’elle, je suis traqueur, c’est de moi que les proies doivent avoir peur. Un sourire éclair alors votre visage, démoniaque, vous ressentez les effets de cette folies et vous continuez, plus loin, toujours plus loin, parce que vous êtes le plus fort. La border-line semble franchise, la démence vous accompagne et vos pas deviennent appât, guettant, à l’affût de la mort. Vous jouissez de ces instants, chaque sinuosité du chemin, chaque arbres inquiétant bordant votre route est pour vous une nouvelle mort, vous en avez le goût aux lèvres et les larmes amères qui perlent aux paupières…
Au dessus de vous les étoiles resplendissent, voute étoilée qui recouvre le toit du monde, comme un papier peint sale, une carrosserie griffée, et la voie lactée qui s’étend d’un cotés a l’autre de la terre. Je ne sais pas quelle poète stupide a pus décrire un jour la beauté d’un ciel étoilé, inconscience, les étoiles sont juste la pour vous rappeler qu’elle ne brille pas assez fort pour vous éclairez, les étoiles sont la et vous les voyez, mais elle vous empêches de voire la peur tapie dans l’ombre, la mort qui rode et les bruit autour de vos pas. Les étoiles sont pâles, blanches comme une noyée, elles ne sont qu’espoirs et promesses et donc mensonges et déceptions. Et vous leur criez de venir, sales petites lucioles, venez aussi et vous verrez …
Des armes, des armes, des armes
Et des poètes de service à la gâchette
Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
Au bout d’un vers français [...]
(c) Noir Désir
Le briquet rechigne justement, il vous refuse l’accès a ce paradis artificiel, traître parmi les traîtres vous le secouez. Il frotte, encore et encore sans résultat, il frotte votre peau, l’abîme, vous fait mal. C’est toujours comme ça quand on se frotte. Enfin une flamme jaillis, transperce littéralement l’obscurité et allume votre gauloise. L’odeur tu tabac, un petit délice en soi, vous respirez uniquement le petit tube blanc avant d’en jouir, et la vous aspirez a fond, pleinement, remplissant vos poumons de cette fumée noire, suicide assisté, comme si la nuit descendait en vous. vous ne marchez plus vous êtes a l’arrêt en contemplation devant votre découverte, celle qui vous appelait de ce chant mélodieux. Vous êtes sur le pont 77 juste avant la sortie n°37 Verlaine, autoroute E411, réduite a deux bandes pour rénovations. Vous vous accrochez a la balustrade, regardez en bas, partout l’obscurité. Au loin seul la sortie est éclairée, le reste de l’immense saignée est plongée dans le noir. La route est immense, elle s’enfonce loin dans l’obscurité et semble toute droite tracée pour rejoindre la lumière, deux demi ellipse qui se rejoigne, comme un paradis virtuel, incessible et lointain. Vous tirez sur la cigarette. Alors que les endomorphines progresse dans votre cerveaux, alors que la béatitude vous pénètre, une lumière apparaît dans l’obscurité, elle progresse elle aussi, devient plus puissante a chaque instant, vous aveugle même tant elle est resplendissante, et vous dépasse alors, sans même vous remarquer, partie rejoindre la lumière la-bas au loin, c’est toujours comme ca avec les lumières dans vos vies, ça vous aveugle, ça vous dépasse et ça vous oublie, mais vous ne les oubliez pas, vous restez la et vous ne voyez même plus les étoiles. Alors que la nuit vous entoure, vous avale, vous vous rendez compte que la perpendicularité de ce pont par rapport a la route vous mets définitivement hors de portée du bonheur. vous ne pouvez allez que de droite à gauche, pas en avant, ni même en arrière, les lumières comme l’obscurité profonde vous sont interdits et vous avez envie de pleurer. Le silence, plus rien autour de vous sinon ce grand vide, et il suffirait de sauter pour y mettre fin, il suffirait de ça, pour arrêtez le prochain trois tonnes. Mais vous vous rendez compte que votre voyage au bout de la nuit ne fais que commencer, vous écrasez votre cigarettes, et vous faites demi tour, retour vers la civilisation, la ou vous attendent maintenant la drogue, le viol et le meurtre, ces raisons qui vous poussent a continuer, ces choses au fond de nous qui brûlent la nuit et qui nous permettent de nous enfoncer toujours plus loin dans l’obscurité.
grima, 25 avril 2004
Adendum : Sur le retour, au détour d’un chemin, vous croisez un bouquet de lilas, qui pousse la innocemment sous un piquet de clôture. Une vache vous dévisage alors que vous cueillez une des fleurs, si belle, si fragile, étrange, comme un signe. Vous hésitez a piétinez toutes les autres, en signe de défis, mais vous croyez encore assez en l’innocence pour les laisser en paix. Cette fleur m’accompagne maintenant, elle n’aura pas vécu plus loin et notre rencontre aura été sa mort. Mais la haut sur la colline, pousse encore quelques fleurs, a qui personne n’a rien demandé …