6 – Les bus, eux, vont en enfer …
Publié originellement le 28 avril 2004 sur mouton.rebelle.
Le début des vacances approche, et si le ciel gris semble encore vouloir écraser le haut des buildings, les autres signes se font de plus en plus pressant, le soleil qui frappe de plus en plus fort et le retour des mouches. Les dernières ondées printanière secoue les arbres au feuillage vert déversant sur le monde les larmes d’un ailleurs céleste. L’été arrive déjà et il vas tuer ce printemps que je hais. Il y a dans l’air comme une odeur de renouveau, comme un parfum d’aventure, et les gens dehors semble tous prêts à s’y engouffrer. Il est plein de promesse et s’avance fièrement, suffisant, plein de lui même, pour mieux encore enfoncer le clou.
Est-ce la fin ? C’est toujours la fin de quelque chose au fond, sinon a quoi bon en parler. Mais est-ce la vrai fin ? Sans doute, qui sait vraiment … En tout cas c’est la fin de cette vie, l’université, et les gens que j’y ait rencontrés. C’est la fin de cette année, et de toutes les autres, de mes aspirations, de tant d’espoirs déçus. Espoirs déçus, ça ressemble a un pléonasme … Ais-je trouvé ce que je cherchait ? Je ne sais pas, qu’est-ce que je cherchais déjà ? J’ai trouvé des gens que j’ai aimé, c’est certain, mais au final, c’est la séparation qui m’achève. Je ne suis pas fait pour ce monde ça c’est sûr et ça fait partie de ces réponses que j’ai trouvées … Une autre certitude est que j’ai fait le bon choix, peut-être cela aurait-il été différent, peut-être aurais-je réussis brillamment de l’autre cotés, mais j’y aurais tellement perdu, ou plutôt, je n’y aurais tellement pas gagné. Pourtant la souffrance est la, sans arrêt, pénétrante et dure comme l’acier, elle me brûle, me fait pleurer.
Tout est finis, inutile de se mentir, inutile d’espérer, l’espoir est un traître. Le choix au fond est une illusion, comment choisir entre la peste et le choléra, comment choisir entre Hitler et Staline, comment choisir entre vivre et mourir, c’est n’importe quoi. Pas de troisième chance n’est-ce pas, je brûle les derniers instant de ma deuxième et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire maintenant. J’ai peur de ce que je vais faire maintenant, comme j’ai peur de tous ce monde autour de moi.
Ma raison n’a qu’une envie, me foutre des baffes, bien méritées, me frapper au sang parce que je ne suis qu’un idiot, et c’est vrai. Mon coeur lui n’a qu’une envie, s’asseoir là et pleurer, se coucher sur l’asphalte et se laisser mourir. Pleurer pour l’(im)monde, pleurer pour moi, pour les autres, pleurer pour tout ça, pleurer pour que ça s’arrête alors que ça n’a même pas encore commencé. Peut-être ça aussi, faire le deuil de ces choses auxquels on est pas parvenues.
Que faire quand on ne sais pas comment vivre, que faire quand on ne VEUT pas vivre … et que l’on ne peut pas mourir non plus … Oui mon coeur pleure et mes yeux pleurent par dessus, car maintenant encore je meurt un peux.
Et alors que je prend pour la dernière fois la ligne 48, liège centre, université/chu, je sais que j’ai au moins cette réponse, « les bus, eux, vont en enfer », et qu’il y a pire qu’être maudit …