7 – l’espoir c’est pour les autres

Publié originellement le 24 mai 2004 sur mouton.rebelle.

je veux juste me rouler en boule dans un coin
et pleurer jusqu’à s’effacer
jusqu’à disparaître
et ça en serait finis
et qu’au bout du compte
ça n’aurait pas d’importance

demandait pas grand chose,
juste un petit coeur
pour y faire ma place
et y construire des petit bonheurs
sans vraiment de hâte ni d’audace
mais c’est ainsi qu’on vit
sans avenir et toujours morose
dans ces jours toujours gris

j’ai mal,
trahisons,
mensonges,
futilité,
misanthropie,
inutilité,
douleurs,
et ces mots que sans cesse je veux hurler, comme si d’un cris je pouvais détruire ce monde, le réduire a néant et d’une pensée tout reconstruire mais différent, comme ces nuits d’étés qu’on passe seul à crier sans cesse, un appel dans la nuit qui brule comme une lumière, un phare mais auquel aucun appel ne répond, et alors je serais créateur de mon monde et de mon inexistence viendra ce bonheur auquel j’aspire enfin, celui de ne pas-être, et de ne pas avoir a s’en soucier, comme si du réel naissait la douleur et que l’existence condamne a ces souffrances illégitimes qui me blessent, m’usent, s’acharnent à m’arracher la peau, comme si le beau n’avait de consistance que dans l’éphémère car c’est de sa destruction que naît le sens, comme si la mort justifiait la vie et la souffrance le bonheur, parce que pour espérer l’un il faudrait donc vivre de l’autre, étranges conceptions humaines qui m’enchaînent ou je ne peux que crier, plein de douleurs, écrire ces mots, plein de peurs, comme si ce monde en avait besoin, comme si ça avait de l’importance, au fond tous le monde s’en fout parce qu’il n’y a que sa propre existence qui revêt d’une matérialité assez concrète que pour transfigurer cette barrière du réel, alors je fais comme si, comme si quelqu’un lirait vraiment ceci un jour et comprendrait, même si je sais que cela revête de l’impossibilité métaphysique, comme ces métaphores qu’on ne peut être que seul a comprendre, alors je mens au fond puisque j’écris seulement pour moi, pour éructer cette douleur alors qu’en fait elle ne s’en trouve que renforcée, justifiée, concrétisé, peut-être est-ce donc pour lui donner un visage et tenter de la pourfendre, mais ce ne sont la que des mots et on ne peut détruire un mot, pas plus qu’un concept ou une idée, qui rappelle l’intangibilité ineffable de l’esprit sur le corps bien que celui-ci ne soit pas réel ni matériel, et puis au fond je m’en fout aussi, tout ce qui compte c’est le mal, qui gronde, le mal qui me détruit pour à la fin ressurgir sous d’autres traits plus fins, plus agréables mais qui ne fait toujours que se cacher, jeux d’ombres et de lumières ou je me perd sans cesse, ou j’oublie le pourquoi et le comment, ou j’oublie que j’existe et c’est la, pure délectation …
abominations
j’ai mal,
j’ai mal

à trahir ceux que j’aime,
il sera trop tard pour pleurer,
mais au moins je sais
qu’ils ne pleureront pas
… mes larmes